Comme son titre ne l'indique pas, ceci est un blog littéraire.
31 Janvier 2018

"Elle admirait Houllebecq et son sens inouï du roman. Cela la fatiguait d'entendre autant de polémiques le concernant, on n'évoquait jamais assez sa langue, son désespoir, son humour."
David Foenkinos, Le mystère Henri Pick
Je pensais aussi à ce court dialogue saisissant écrit par un écrivain finlandais. Je le retrouvai rapidement.
"Tandis qu'ils s'embrassaient et que le jeune homme, au sein d'une félicité enivrante, regardait battre joyeusement l'artère sur le front de son amie, il dit :
- Je n'aurais jamais cru qu'un baiser pût être si beau : qu'on puisse s'y noyer.
Et la jeune fille, dont les paupières s'étaient presque closes, si bien que tout paraissait rouge sombre autour d'elle, répondit :
- Pas moi, mais je ne peux pas même dire ce que c'est..."
Johannes Kinnankoski, Fugitifs, La fermière de Heikkila,
et ces merveilleuses phrases de Rilke, prononcées avec gourmandise dans une langue que je comprenais à peine :


Rainer Maria Rilke
ou Nils Ferlin et Barfota barn i livet...
Je n'avais pas le désir de critique. Je ne me serais pas senti de plaisir à dézinguer des choses, des mots qui ne me transportaient pas, je n'en voyais pas l'intérêt. Simplement l'idée ne me venait pas à l'esprit, je lisais et n'y pensais plus, cherchant ailleurs un autre écrit qui sache me donner le transport que j'attendais.
Tout, plutôt, me sentir fondre de beauté, et partager cette beauté. Avec ceux qui sauraient comme moi la voir.
"Elle était là, assise, dans le métro, prenant plaisir à écouter sa musique préférée. Elle souriait après cette douce nuit d'amour où il l'avait comblée. Elle avait eu du plaisir et ses lèvres en portaient encore la trace."
Ludovic Burlot, Les folles nuits
J'entendis derrière moi la voix de la petite fille de trois ans qui demandait "C'est quoi, ça ?" tandis que la page s'affichait.
"Ah, euh. C'est rien.", répondis-je un peu gêné en voyant la magnifique fresque grecque qui en ornait le haut...
Je lui dirais le lendemain les sonorités gourmandes de Voller Apfel, Birne und Banane, Stachelbeere, et je savais qu'elle répéterait cette phrase mystérieuse avec un délice au moins aussi vif que le mien.
"Les scientifiques ont parfois le goût de ces métaphores poétiques aussi flamboyantes qu'un poème écrit par un enfant de quatre ans (il était temps de se coucher)."
"Il y avait une horloge qui gênait le silence en rappelant incessamment sa présence."
"Il commanda à son tour un verre de rouge, et ils se mirent à parler sans le moindre blanc."
David Foenkinos, Le mystère Henri Pick
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Et toujours, und immer, Yôko Ogawa.