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GAGNER DU FRIC !

GAGNER DU FRIC !

Comme son titre ne l'indique pas, ceci est un blog littéraire.

Petites variations sur meutre, racisme, souvenirs et autres crimes..

Petites variations sur meutre, racisme, souvenirs et autres crimes..

Je reprendrais bien l'idée de Dale Carnegie "Comment se faire des amis", titre qui cache en réalité un magistral traité de manipulation de ses semblables… Ne jamais se fier aux titres. Ce pour quoi j'ai ainsi choisi celui de ce blog. De nos jours si l'on veut se faire apprécier et avoir une vie sociale valorisante pour son ego, mieux vaut être ancien meurtrier que raciste – ou même ancien raciste, cela pourra vous rattraper aussi loin qu'un demi-siècle plus tard.

Non que j'aie à avouer une quelconque sympathie envers le racisme – non plus qu'envers le meurtre. Il m'est désagréable de penser qu'on puisse avoir du mépris pour l'autre du fait de la couleur de sa peau ou de la forme de son nez ou de ses yeux. Mais enfin, ce mépris, s'il ne s'accompagne pas d'actes violents ni d'injures en public, ce que disait Claude Lévi-Strauss parlant d'une idéologie qui vise à soumettre, voire à éliminer, un groupe d'humains, ne regarde que la personne qui l'éprouve. Libre à elle de vivre avec ce mépris au cœur, de fréquenter qui elle veut, que dois-je avoir à redire à la façon dont les gens mènent leur vie ?

L'intelligence peut nous amener – ou non – à choisir de passer la barrière qu'éprouve au fond de son être tout enfant mis face à qui ne lui ressemble pas. C'est un choix et un effort, faciles pour certains, insurmontables pour d'autres, et je crois les avoir faits sans grande peine, libre à chacun de suivre un autre chemin. Qu'on ne vienne pas me seriner que les races, par une foi d'une stupidité sans nom sur quoi la raison n'a plus aucune prise, assertion sans fondement qui ne change rien aux ressorts psychiques de ce phénomène qui a pour nom racisme, n'existeraient pas. Les propos qui m'ont le plus blessé par leur violence inouïe et leur froide cruauté, je n'avais pas vingt ans mais ils me blessent encore aujourd'hui, visaient des gens dont la différence ne tenait pas à la couleur de leur peau.

Libre donc à chacun d'aimer ou non qui il veut ? La société contemporaine ne l'entend plus ainsi. Dans nos pays, on enferme encore – plus toujours, semble-t-il – les meurtriers, en raison de leur dangerosité. Mais une fois libéré, le meurtrier, et c'est heureux qu'on lui donne une deuxième chance, fera l'objet d'une sollicitude assez admirable : ainsi Patrick Henry, qui fut le Monstre de Troyes dans ma jeunesse, s'était-il vu offrir un emploi par le patron d'une petite entreprise de Caen, qui souhaitait généreusement lui apporter cette deuxième chance. Deuxième chance qu'il a bousillée dans les semaines qui ont suivi en se faisant attraper dans un petit trafic de haschich à la frontière espagnole. Je me garderai bien de tirer quelque conclusion que ce soit à partir d'un cas individuel. Peut-être inconsciemment avait-il besoin de retrouver la prise en charge affective que, d'une certaine manière, donne la prison par le fait de ne plus avoir à décider, avec la privation de liberté, de l'emploi de sa propre vie ? La réponse restera dans les tréfonds de son esprit.

Mais cela est loin d'être le seul exemple qui nous montre que, contrairement à d'autres époques, le meurtrier bénéficie de nos jours de la compassion. Cette compassion dont est d'emblée privé le raciste ou supposé tel. Pour lui pas de deuxième chance. Jamais et de toute éternité.

La loi ne punit pas – pour le moment – le racisme en tant que tel, bien que certaines condamnations pour incitation à la haine ressemblent bien, à mon sens, à des condamnations pour délit d'opinion concernant les races, races que notre loi a depuis peu éliminées du droit sinon du vocabulaire et de la science. Mais pour le personnage public – ou non, tant les réseaux sociaux peuvent faire de chacun de nous un personnage public à notre insu pendant notre sommeil – qui aurait le malheur de lâcher un mot qui serait interprété comme raciste, et j'insiste bien sur le "interprété", ou "supposé", c'est la mort sociale assurée, la perte de son emploi, voire pire, on s'est récemment approché du lynchage physique, ce n'était pas pour le racisme, mais pour un sujet qui excite les mêmes passions et qui est devenu honni à la même époque et de par la même idéologie.

Petites variations sur meutre, racisme, souvenirs et autres crimes..

Etrangement, dans les idées et pratiques qui se sont fait jour ces dernières décennies, la pédophilie ne bénéficie plus de la même indulgence que le meurtre. Celle-ci avait pourtant été portée au nues, elle avait gagné ses lettres de noblesse avec Christiane Rochefort, Gabriel Matzneff, les écoles parallèles, alliance improbable entre les militants sincères de la liberté des sens et de la liberté absolue de l'enfant à refuser toute autorité et les authentiques consommateurs d'enfants, qui se voyaient d'un seul coup acquérir prestige et pignon sur rue… On s'insurgeait alors dans des revues avantageusement exposées en vitrine dans tous les kiosques, et on était écouté, contre la fallacieuse liberté pour l'enfant de dire non à la révélation de sa sexualité par l'adulte (masculin dans la plupart des cas). Est-ce l'horreur indicible de l'affaire Dutroux qui a fait crever les digues et qui a renvoyée celle-ci aux gémonies ? Vécue la page, la Guerre des Boutons n'aura plus lieu, l'enfant est redevenu comme par magie l'être supposé angélique qu'il était il y a bien longtemps, oubliés son sadisme naturel et toutes les avanies qu'il peut infliger à son entourage (sauf s'il est graine de racaille, cela par contre lui sera plus difficilement pardonné)… J'ai vu l'an dernier sur le réseau social un groupe qui s'appelait "Pendre les pédophiles par les couilles", tout un programme ! Ceci n'empêchant d'ailleurs pas les mêmes personnes de travailler à rendre facile et comme allant de soi sa commercialisation. Mais tout cela reste basé sur l'émotion pure et sur le postulat de la nature, idéalisée, de l'enfant, jamais sur la simple raison qui dit qu'entre l'adulte et l'enfant il y a un fort et un faible, et qu'en toute bonne logique le faible devrait être protégé, ce qui est d'ailleurs, en général, le rôle de la loi, comme le rappelait Freud dans une phrase immortelle qui devrait figurer au fronton des écoles, des mairies et des tribunaux.

Petites variations sur meutre, racisme, souvenirs et autres crimes..

Il ne faudra pas oublier dans les temps qui viennent, à quel point la pédophilie a été célébrée, ni comment s'est produit ce brutal revirement à 180° chez ses chantres les plus enthousiastes. Phénomène déroutant, pour le moins, qui montre à quel point une idéologie peut être fragile et comme sa vie peut être courte. Mes souvenirs de ce lendemain qui chantait d'une voix si pure sont restés extrêmement vifs, et j'ai moi-même rencontré des gens qui sont en prison à présent, sans avoir compris pourquoi, sous l'opprobre généralisé. J'avais eu à l'époque la présence d'esprit de ne pas m'engouffrer dans ce piège, fortement aidé en cela par mes propres penchants qui ne me tiraient pas de ce côté, mais je garde le brûlant souvenir d'un jour où il s'en est fallu d'un cheveu pour que je n'y bascule. Un reste de raison, de la morale inculquée dans ma propre enfance peut-être ? m'avait à cet instant, heureusement sans doute, retenu, Qu'aurais-je ressenti, qu'aurait ressenti la petite fille blonde dont j'avais la charge cette après-midi-là sur une plage basque et dans la puissante voiture de son père, ni elle ni moi ne le saurons jamais et certainement m'a-t-elle oublié après tant d'années, mais de ne pas le savoir ne me hante pas.

Petites variations sur meutre, racisme, souvenirs et autres crimes..

J'ai tant d'autres souvenirs qui me hantent, bien suffisamment, de ma propre enfance jusqu'à maintenant, et ceux-là ne me laisseront pas me défaire, jamais, de leur effroyable emprise. Non que je sois en mesure de mettre en tort certaines assertions de Matzneff, mais lui-même en arrive à se contredire dans les limites qu'il s'impose et veut imposer aux autres. Plus proche de moi reste Rochefort, dont tous les écrits m'emplissent d'une proximité d'émotion aiguë, à peine supportable. Je me souviens avoir crié mon irrépressible désir de la connaître, elle est morte avant que je n'aie pu la rencontrer, sans doute aurais-je été déçu, me restent ses écrits qui rempliront mon âme immortelle et qui ne se détacheront de moi que le jour de ma mort. J'ai vécu le bonheur de rencontrer Holder, Pesch, Willem, et Gheorghiu et Brochard peu avant leur mort et de ce dernier admirer la part de l'œuvre que j'ignorais et qui me remplit encore, et un cadeau presque posthume que je garde toujours contre moi plus d'une dizaine d'années après cette rencontre, ultime hommage de moi envers lui, de lui envers la naïveté et la sincérité de mon admiration.

Petites variations sur meutre, racisme, souvenirs et autres crimes..

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Au XXIème siècle, notre théologie du libre désir a disparu. Les héritiers de ceux qui l'avait inventée sont revenus, particulièrement dans les mouvements qui se disent féministes, à une morale aussi rigide que celle du XIXème siècle, plus totalitaire encore peut-être et tout comme elle sans considération aucune des désirs du faible face à la supériorité du fort.

Revenons au racisme – supposé, j'insiste encore et toujours sur ce point, on n'insistera jamais assez sur les procès d'intention sans avocat qui ont cours aujourd'hui avec la gigantesque caisse de résonance qu'offrent les moyens de communication modernes, à défaut de chambre de raisonnance.

Voici une ancienne ministre qui dit deux ou trois choses, d'une part sur la race blanche, d'autre part sur la culture et la civilisation.

Elle est aussitôt la cible d'une campagne de mise au pilori immédiate, sur internet, dans les cercles idéologiques qui lui sont opposés et jusque dans son propre parti politique. Son parti va lui retirer son investiture pour un mandat, de député je crois, pour lequel elle avait été élue par le vote des citoyens.

Qu'a-t-elle dit ? A-t-elle prôné l'extermination, ou la mise sous domination, voire simplement la supériorité, d'une race sur une autre ? A-t-elle seulement été raciste, réellement ?

Elle a dit :

- l'Europe a été peuplée, depuis le début des temps historiques jusqu'à nos jours, par des hommes de race blanche

- la majorité des habitants de l'Europe ont la peau blanche

- la majorité des habitants de l'Afrique (elle n'a pas précisé subsaharienne, sera-t-elle attaquée sur ce point aussi ?) ont la peau noire

- l'Europe, depuis un temps assez long pour être considéré comme une période historique, a une culture que l'on appelle judéo-chrétienne

- enfin, seul point en fait sur lequel elle ne s'est pas contentée d'énoncer des constatations, mais sur lequel elle a émis une opinion, une préférence personnelle, elle a dit souhaiter que cet état de choses, tant en ce qui concerne la couleur de peau que la culture, perdure.

Il eût mieux valu pour elle qu'elle tue quelqu'un.

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« La vie en société a ses exigences, c’est-à-dire ses règles dont on ne peut se passer. Elles sont nécessaires pour rendre la vie sociale possible. Par exemple, nous ne pouvons vivre en société dans le conflit permanent. Il y faut la concorde, la paix. Il faut organiser le travail, la distribution des biens de façon à ce que chacun trouve son intérêt. Or ceci n’est possible qu’à condition d’imposer des limites à l’égoïsme individuel qui nous incline à toujours nous préférer aux autres. Ces limites constituent les lois. » Sigmund Freud

« Un enfant appartient à ses parents et à ses maîtres. Ce sont eux qui en ont l'usage exclusif. Pourtant, c'est nous que ces nauséabonds personnages accusent de détournement de mineur. » Gabriel Matzneff

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