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GAGNER DU FRIC !

GAGNER DU FRIC !

Comme son titre ne l'indique pas, ceci est un blog littéraire.

Une marche historique. Un article de Glad

Une marche historique.

Je ne suis pas du genre à descendre dans la rue facilement. La seule fois où j’ai marché pour une cause, j’étais jeune, ignorante et tous mes copains étaient là au lieu d’être en cours. Depuis ce temps, je n’ai plus trouvé de raisons pour aller défiler pour une cause quelle qu’elle soit.

Mais ce Dimanche 11 Janvier 2015, c’était différent.

En quelques jours, après plusieurs morts, bien trop d’ailleurs, j’ai pu voir une unification qui grandissait autour de moi. Une unification que je croyais perdue, que je croyais même de l’ordre de l’imaginaire ; et pourtant elle était là.

Quelques marches se sont organisées, d’abord le Mercredi, puis le Jeudi. Marches auxquelles je ne participerai pas. « De toutes façons, moi, je ne suis pas du genre à descendre dans la rue ». Puis, deux nouveaux attentats. Attentats que je peux suivre à la minute près grâce à la retransmission dans les médias. J’apprends qu’un rassemblement se fera vendredi soir à 18h30, ce soir donc, pour commémorer la mémoire des personnes décédées. Je ne veux pas y aller.

Et puis, me voilà partie sur mon vélo pour aller sur cette place, où des dizaines de bougies et de dessins seront accrochés au Palais de Justice de la ville. On m’apprend que Dimanche, il y aura une marche, une marche en soutien aux familles, pour la liberté d’expression, pour le besoin de se trouver ensemble, unis.

Dimanche, 15h, je suis devant le Palais de Justice. Malgré la tristesse des événements, sur mes lèvres se dessine un sourire. Les gens sont là, des milliers de gens sont là et ont répondu présents ! Lorsque la marche débute, je m’installe légèrement en hauteur pour voir défiler les gens ; ça ne s’arrête pas, une masse infinie de personnes avance en silence, doucement et calmement. Quelques pancartes « Je suis Charlie », quelques crayons, s’élèvent au-dessus de la foule.

Je décide de rentrer dans le cortège. Je me laisse porter tranquillement par ce flot de personnes présentes de façon pacifique, sans en avoir le mal de mer. Moi qui d’habitude n’aime pas les foules ! Et je marche, fière de voir qu’autant de gens se sont déplacés pour une cause humaine et non matérialiste. Je profite de trouver quelques marches d’escalier pour prendre de la hauteur, voir jusqu’où continue cette marée humaine qui m’avait embarquée. Tout à coup, un camion de pompiers tente de se frayer un chemin, au risque de s’embourber. C’est du haut de mes marches que j’ai pu observer cette mer humaine s’ouvrir, comme au passage de Moïse, pour laisser passer le camion rouge. Une fois le bruit des sirènes disparu, je me décide à écouter. J’écoute alors le bruit de ces milliers de personnes que je vois s’étendre face à moi. Sauf que le bruit, il n’y en a quasiment pas, pas plus que d’habitude ; il suffit que je ferme les yeux et c’est comme si toutes ces personnes disparaissaient. C’est donc ça, une marche silencieuse.

Après avoir attendu de voir enfin la fin du cortège, je me décide à reprendre la route qui me mènera jusque chez moi, le cœur plein d’espoir.

 

Glad

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